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Sixte Kakinda

Meschack Kabindula •Josué Fikiri • Isaac Bujirwa • Kayitesi Landrada • 

Muhanzi Byumanine •Bertin Lwango Mubuto • Albin Cikalo •

Bienvenue

à Goma

(…) En arrivant à Goma par la Grande Barrière (l’un des postes frontaliers situés entre la RD Congo et le Rwanda), on est vite accueilli par la vivacité d’une ville connue pour être dans une zone rouge caractérisée par les guerres à répétition et des menaces de disparition par les laves du Nyiragongo. On est vite frappé par cette vivacité traduite par les vacarmes des motards et des taximen sollicitant de vous conduire partout dans la ville, selon vos souhaits. 

Ce vacarme et cette vivacité sont plutôt opposés au silence laissé derrière nous de l’autre côté de la frontière, à Gisenyi. Ce raffut se transforme rapidement en un calme momentané dès que l’on quitte les motards et les chauffeurs des taxis. 

En remontant par le boulevard Kanyamuhanga, on arrive à la hauteur d’un rond-point sur lequel est écrit en lettres d’or « Bienvenue à Goma ». Plus ou moins calme d’habitude, ce rond-point est aujourd’hui secoué par les bruits de la campagne électorale. D’ailleurs, plusieurs affiches des candidats à la députation provinciale et nationale couvrent certains murs. 

Il y est érigé, en ce rond-point, un monument qui serait un réchaud à gaz, symbole de l’ambition de la ville d’être utilisatrice d’une énergie propre et non celle destructrice de l’environnement comme le bois de chauffe. 

Le réchaud à gaz est construit au rond-point BDEGL, jadis nommé « rond-point de la Poste » (en référence au bâtiment de la Poste situé juste à côté) et « rond-point des banques » (faisant allusion aux banques qui y sont bâties, dont la BDGEL). La BDEGL ou Banque de Développement des États des Grands Lacs est la banque de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL en sigle) regroupant la République Démocratique du Congo et le Burundi. 

La présence des plusieurs banques à ce rond-point fait de lui un lieu très sécurisé. Toutefois, ceci n’empêche les taxis-motos d’y stationner. D’ailleurs, juste à côté, il y a un arrêt de bus conduisant vers Ndosho ou ULPGL (Université Libre des Pays des Grands Lacs). De là, on va facilement à Birere ou au centre-ville en remontant par le boulevard Kanyamuhanga. 

Au fur et à mesure que l’on remonte le boulevard, on se rend compte que les bruits de la ville augmentent aussi. Surtout lorsque l’on arrive au rond-point Chukudu que l’on ne peut pas rater à cause de son fameux monument doré qui représente ceux qui ont nourri et ont construit la ville de Goma, les « Chukudeurs ».

Une résilience que la Monusco, Mission des Nations Unies au Congo, a choisi de célébrer en construisant un monument à l’hommage d’un « Chukudeur » vainqueur d’une compétition de course organisée par cette organisation internationale.

Ce sont des transporteurs qui poussent des charges de plusieurs kilos sur des sortes de trottinettes en bois à longueur des journées. Ces braves personnes représentent la résilience d’une ville qui ne veut pas mourir, d’une ville qui ne veut pas disparaître sous les tirs des mitraillettes ni des laves menaçantes d’un Nyiragongo qui a l’air de surveiller la ville en permanence.

L’actuel rond-point Chukudu est construit au-dessus de l’ancien couvert par les laves de 2002.

Ce rond-point est le centre de la ville. C’est ici que bat le cœur de la ville. C’est la ville elle-même. On raconte d’ailleurs que si l’on n’y a pas pris une photo, ce que l’on n’a pas été à Goma.

Les photographes y attendent, sous le soleil ou sous la pluie, les nouveaux visiteurs de la ville.

A quelques minutes de là, en remontant toujours le boulevard Kanyamuhanga, c’est le rond-point Signers qui nous appelle de son Nyiragongo, une sculpture placée en son milieu et entouré d’autres sculptures d’animaux. 

C’est un espace beaucoup plus bruyant que les deux autres ronds-points cités tantôt. Un espace animé des bruits des véhicules qui y passent toutes les secondes sans arrêt. On y entend des comédiens qui crient dans des micros pour faire la promotion d’une compagnie de communication ou des cris de vendeurs à la sauvette, des vendeurs ambulants de carburant, de jus ou autre cocktail vanté à tue-tête. 

L’origine du nom du rond-point ? 
Personne ne le sait vraiment. 

Les uns parlent d’un nom belge d’autres pensent que cela viendrait du verbe "signer". 

En effet, le rond-point Signers serait, à l’époque coloniale, un lieu d’enregistrement des locaux qui travaillaient en ville. Il leur fallait signer un document les autorisant à se rendre en ville. 

C’est par le rond-point Signers que passe la ligne de séparation entre ce que l’on appelle la ville et la cité. Ou disons entre la commune de Goma et celle de Karisimbi. C’est une ligne très visible sur Google Maps comme celle qui relie les trois ronds-points les plus connus de Goma. 

On aurait pu continuer l’exploration de la ville en suivant cette ligne mais nous nous arrêterons ici aujourd’hui. Demain est aussi un jour. A très bientôt sur un autre podcast. Et n’hésitez pas de visiter Goma !

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